Apparue en France au début du 17e siècle, la chaise à porteurs s’avérait un moyen de transport approprié à la ville : elle épargnait la saleté, garantissait la sécurité et s’adaptait à l’étroitesse des rues sans trottoirs. Si, sur les places publiques, les chaises de louage attendaient le client, l’aristocratie s’empressa de l’utiliser comme signe social, l’ornant d’armoiries et autres blasons. Elle disparut au sortir de la Révolution avec le développement des transports.

La chaise conservée musée de Bretagne est caractéristique de la fin du 18e siècle, avec sa caisse vitrée en forme de traîneau et ses moulures ; une portière frontale y donnait accès. A l’intérieur, une assise et un capitonnage de tissu fleuri rendait le transport plus confortable ; quatre passants métalliques permettaient de glisser les deux brancards en bois que les porteurs saisissaient. Ornée de moulures et de motifs ornementaux (natures mortes, animal), la chaise aurait appartenu à l’épouse de François Chéreil de la Rivière (1721-1782), Conseiller au Présidial de Rennes, dont la caisse porte les armoiries familiales.

Ces dernières semblent avoir été partiellement grattées : on pourrait y voir là un signe de vandalisme révolutionnaire ( ?) contre un symbole aristocratique. Heureusement préservée des destructions post-révolutionnaires, la chaise est par bonheur parvenue jusqu’à nous faisant office, brièvement, de meuble-vitrine décoratif…
Olivier Barbet
Extrait de Objets de l’histoire, mémoires de Bretagne, Les collections du musée de Bretagne, éditions Ouest-France, Rennes, 2011.